Extrait de : "Historique des chaires de Chimie, de Physique végétale et de Physiologie végétale du Muséum d'Histoire naturelle

Extrait de : "Historique des chaires de Chimie, de Physique végétale et de Physiologie végétale du Muséum d'Histoire naturelle", Victor Plouvier*, Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 4e sér., 3, 1981, Miscellanea : 93-155.

 

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Index Bibliographie

 

 

Origine et évolution des deux chaires de chimie et de la chaire de physique végétale

 

LOCAUX : AMPHITHÉATRES ET LABORATOIRES


LE DROGUIER ET L'ANCIEN AMPHITHEATRE



Les bâtiments du Jardin du Roy sur la rue du même nom figurent sur la vue cavalière gravée par Abraham Bosse qui date de 1640 : à gauche d'une porte d'entrée monumentale, le local des cours (quatre fenêtres), à droite une chapelle, puis le château (rez-de-chaussée à cinq fenêtres, un étage et des mansardes), la galerie (trois fenêtres) et un bâtiment des communs (trois fenêtres)*.

Guy de La Brosse avait prévu qu'une pièce du rez-de-chaussée servirait à la fois de droguier et de laboratoire pour la distillation des plantes. En 1640, une galerie renfermant six cents bocaux de matière médicale se trouvait à l'extrémité sud des bâtiments.

Nous savons ce qu'était le laboratoire de cette époque par une très belle vignette de Sébastien Le Clerc (1676) qui servit de frontispice à l'ouvrage de Dodart : "Mémoires pour servir à l'Histoire des plantes". Elle a été décrite par Jombert En ces termes : "On voit sur une grande table un tiroir rempli de petits pots contenant différentes drogues. Un vieil ecclésiastique assis à table écrit sous la dictée d'un professeur qui disserte sur une liqueur contenue dans un verre qu'il tient à la main. Autour de la table, plusieurs personnes dans diverses attitudes prennent part aux démonstrations du professeur en chymie. Le fond de la salle représente un laboratoire avec les vaisseaux nécessaires pour les opérations chymiques. A gauche, au travers d'une porte vitrée du haut jusqu'en bas, on voit un cabinet d'apothicairerie. A droite, des fourneaux et un alambic. La fenêtre qui est ouverte du même côté laisse apercevoir une partie du Jardin royal des Plantes, avec des botanistes qui les examinent."

En réalité, le professeur seul travaillait dans ce laboratoire, aidé de quelques préparateurs ; les auditeurs étrangers n'étaient admis qu'exceptionnellement**.

Les apothicaires du Jardin du Roy avaient également chez eux des laboratoires bien montés : d'après Nicolas de Blégny (1692), "plusieurs apothicaires se piquent d'avoir chez eux un grand assortiment de préparations chimiques et pharmaceutiques, par exemple Geoffroy et Boulduc qui opèrent au Jardin royal des Plantes". Charas avait une officine très renommée (description par Louis Bourne), Matte un important laboratoire personnel, Nicolas Lémery eut plusieurs laboratoires.

Le local à gauche de l'entrée fut aménagé (ou peut-être reconstruit) vers 1670 par Fagon, pour faire un amphithéâtre de six cents places qui, selon la tradition, était presque toujours rempli* ; la salle fut agrandie, garnie de gradins et mise en communication par une cloison mobile située derrière la table tournante d'anatomie, avec un laboratoire servant à la préparation des expériences. Ainsi, le laboratoire de chimie était annexe à l'amphithéâtre ; sur les plans du XVIIIe siècle, le bâtiment est désigné sous le nom de laboratoire de chimie.

En 1710, le droguier était au-dessus du laboratoire de chimie, avec le célèbre herbier de Tournefort (6480 espèces). Enrichi par Fagon, il devint une collection se rapportant aux trois règnes de la nature : en 1729, ce Cabinet d'Histoire naturelle était installé dans le château. En 1742, Buffon abandonna deux pièces de son appartement au premier étage pour agrandir le Cabinet ; l'une d'elles devint le cabinet des bocaux. Vers 1767, Buffon céda le reste de son appartement : le droguier y fut installé, en haut d'un escalier établi aux dépens de la chapelle.

Visiteurs

















* Une gravure de F. Scalberge, faite du vivant de Guy de la Brosse, montre l'autre côté du château et le Jardin du Roy. En 1690, une gravure analogue de A. Pérelle permet de constater l'évolution du jardin. Le plan de la Seigneurie et Censive de Sainte-Geneviève, vers 1640, nous renseigne sur l'environnement ; rues du bourg Saint-Victor, jardins, terres labourables

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Bourdier, F. - Le Cabinet d'Histoire naturelle du Muséum, origines et transformations. Sciences et l'enseignement des Sciences
Revue fr. Sci. Tech., 1962, 18 : 36-50

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Jombert-Catalogue raisonné de l'oeuvre de Sébastien Le Clerc
Paris, 1774, 1 : 219 p.

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**John Evelyn, que la révolution d'Angleterre a chassé de son pays, mentionne dans son journal : "Je suis allé au Jardin des lantes entendre le cours du Dr Davisson et voir son laboratoire" (21 sept. 1649>

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DORVEAUX, P.. - Les grands pharmaciens
Bull. Soc. Hist. Pharm.
- 1924, L'apothicaire N. Le Febvre, 42 : 345-356
- Apothicaires membres de l'Académie royale des Sciences. 1929, M. Charas, 65 : 329-340 ; 66 : 377-390
1930, S. Boulduc, 67 : 5-15
1931, G. F. Boulduc, 74 : 113-117
E. F. Geoffroy : 118-126
N Lé-mery, 75 : 208-219

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Wéry, G. - Notice biographique d'Alfred Mallèvre
Académie d'Agriculture, 1918, 1 : 485-489

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Bouvet, M. - Histoire de la Pharmacie en France, des origines à nos jours
Ed. Occitania, Paris, 1937 : 445 p.
- Les laboratoires parrisiens de N. Lémery
Revue Hist. Pharm., 1950, 126 : 24-30
- N. Vauquelin droguiste
Revue Hist. Pharm., 1958, 156 : 246-252

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Deleuze, J.P.F. - Histoire et description du Muséum d'Histoire naturelle
Impr. Cellot, Paris, 1823, 2 vol. (I : 192 p. d'histoire)

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* Lemoine indique par erreur que l'amphithéâtre de six cents places a été construit sous l'intendance de Cisternai du Fay (1732-9)

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CONSTANT, J.P. - Contribution à l'histoire de l'enseignement de la pharmacie. L'enseignement de la chimie au Jardin royal des Plantes de Paris.
Impr. de Coueslant, Cahors. Thèse doct. univ. pharm., Strasbourg, 1952 : 133 p.

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Nadault de Buffon, H. - Correspondance générale de Buffon, 1860
Tomes 13 (1884) et 14 (1885), nouvelle édition

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Bourdie, F. - Le Cabinet d’Histoire naturelle du Muséum, origines et transformations. Sciences et l’enseignement des Sciences
Revue fr. Sci. Tech., 1962, 18 : 36-50

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