Extrait de : «Historique des chaires de Chimie, de Physique végétale et de Physiologie végétale du Muséum d'Histoire naturelle

Extrait de : «Historique des chaires de Chimie, de Physique végétale et de Physiologie végétale du Muséum d'Histoire naturelle», Victor Plouvier*, Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 4e sér., 3, 1981, Miscellanea : 93-155.

 

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Index Bibliographie

 

 

Origine et évolution des deux chaires de chimie et de la chaire de physique végétale


LOCAUX : AMPHITHÉATRES ET LABORATOIRES


Les agrandissements du jardin vers la rue de Buffon

 

 

 

A l'arrivée de Buffon comme intendant en 1739, le jardin avait les limites de 1640 et le seul bâtiment était le vieux château avec ses dépendances, chapelle, amphithéâtre, orangerie et autres petites constructions. De 1739 à 1788, Buffon double la superficie du jardin et fait de nouvelles constructions. Je me limiterai ici à ce qui concerne la rue de Buffon, c'est-à-dire le voisinage du laboratoire actuel de chimie. Falls a fait à ce sujet une très bonne étude accompagnée de plans.

Le Jardin du Roy était limité à l'est par un bras artificiel de la Bièvre, canal creusé vers 1148 pour irriguer les jardins de l'Abbaye de Saint-Victor, Buffon voulait l'étendre jusqu'à la Seine. Pour cela, il fallait acquérir des terrains occupés par des marais légumiers et des dépôts de bois. La plupart appartenaient aux chanoines de Saint-Victor. Les négociations, par achats et échanges, furent longues et difficiles.

L'espace compris entre le boulevard de la Salpêtrière et la rue Poliveau était en cultures potagères, au milieu desquelles coulait la Bièvre (ou rivière des Gobelins), petit affluent de la Seine, bordée de saules sur tout son parcours. Ces terrains et quelques maisons formaient le clos Patouillet appartenant à un seul propriétaire, Louis Dubois, écuyer du roi (il en reste encore l'immeuble 29 rue de Buffon). Ce clos fut acheté le 30 octobre 1779 et, dès le 27 mai 1781, Buffon avait échangé une partie de ces terrains contre ceux des chanoines de Saint-Victor : le Jardin était tracé jusqu'à la Seine. Il avait gardé un terrain en forme d'équerre, le grand côté long de 159 toises (310 m), large de 20 toises contigu à la limite sud du Jardin, le petit côté long de 40 toises contigu au marais du sieur Pernot.

Derrière l'intendance existaient des vacheries et plusieurs maisons basses occupées par des cultivateurs des marais voisins ; la ruelle du Petit Gentilly* donnait accès a ces habitations. A l'entrée de la ruelle était l'actuelle maison de Buffon (Hôtel de l'Intendance) : elle fut achetée en 1771 et annexée au Jardin du Roy en 1777. Les autres maisons de la ruelle furent démolies en 1780 ; pour délimiter le côté sud du jardin, un mur fut construit jusqu'au Petit Bois (situé sur remplacement actuel de la Cryptogamie).

Au début de 1781, A. Thouin proposa de prolonger la rue Censier jusqu'au boulevard de la Salpêtrière. Ainsi fut tracé le chemin de desserte pris sur le terrain qui restait à Buffon et figurant sur un plan de l'architecte Verniquet (1782) ; ce chemin déjà amorcé à partir de la Seine depuis 1705 a été nommé rue de Buffon dès 1784. Pour l'ouvrir, il ne fallut démolir que deux maisons. Le jardin de Buffon s'étendait derrière sa maison, c'est-à-dire obliquement sur la rue de Buffon, atteignant la cour actuelle du laboratoire de chimie. Il fallut le réduire et acquérir en outre une partie du marais légumier qui s'étendait entre lui et le clos Patouillet. Le propriétaire Pernot avait loué ce marais partiellement entouré de murs au sieur Marcès : il accepta un échange (1784). Le domaine actuel de la chaire de Chimie se trouve sur son emplacement. En 1785, la rue de Buffon était percée jusqu'à la rue du Jardin du Roy.

Au début de 1705, la Convention (Commission exécutive de l'Instruction publique) avait décrété que les maisons et terrains compris entre la rue Poliveau, la rue de Seine, la Rivière, le boulevard de l' Hôpital et la rue Saint-Victor seraient réunis au Muséum et qu'il serait incessamment procédé à leur estimation. Cependant, ces projets ne furent que tardivement et partiellement réalisés. En 1708, le Muséum refusa d'acquérir la maison du sieur Mille, désirant que son enceinte sud-est ne passe en aucun endroit au-delà de la rue de Buffon.

De 1782 à 1837, tous les plans du Muséum sont limités au pentagone actuel du Jardin des Plantes et n'indiquent aucun terrain de l'autre côté de la rue de Buffon. Ne restait-il donc au Muséum aucune des acquisitions de Buffon ? Une propriété située près de la Bièvre était loué à J. Esquirol (1772-1840), médecin à la Salpétrière. A partir de 1830. des crédits furent accordés, pour des agrandissements.

Sur un plan de l'architecte Ch. Rohault (1837), seul le 55 de la rue de Buffon figure comme dépendant du Muséum. En 1843 eurent lieu les acquisitions Durand, Vaillant, Le Roy et, vers 1846, Jamain et Le Luard (terrains déjà occupés par des pépinières). En 1849, on les entourait de murs de clôture. A cette date, presque tous les terrains actuels appartenaient au Muséum. Le plan des agrandissements successifs par Guillaumin montre les acquisitions de la rue de Buffon comme postérieures à 1788 mais il indique à tort celle du 61 avant 1853 et celle du 55 après 1853.

Visiteurs















Falls, W. - Buffon et l'agrandissement du Jardin du Roi à Paris
Arhs Mus. natn.Hist. nat., Paris, 1933, 6e sér., 10 : 131-200

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Abbaye de Saint-Victor : fondée par Louis VI le Gros en 1112. Elle était sur l'emplacement de la Halle aux vins et s'étendait jusqu'à la butte Coypeau (labyrinthe actuel), entrée place de Jussieu. Florissante au XVe siècle, elle a existé jusqu'a la Révolution. Ses derniers vestiges ont disparu en 1813

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La Bièvre canalisée qui se jetait dans la Seine en face de l'île aux Vaches figure sur les plans de O. Truschet et G. Hoyau (1550) et de Sainte-Geneviève (1640), mais non sur celui de Bretez, dit de Turgot (1739) ; la Bièvre avait alors repris son ancien lit pour atteindre la Seine au quai d'Austerlitz. D'après Béry, en 1730, elle ne rencontrait plus aucune maison depuis la rue Saint-Victor jusqu'à son confluent. Elle se divisait en deux bras entre Saint -Médard (pont aux tripes) et le clos Patouillet (plans de Jaillot en 1775, de Narat en 1842) ; le bras mineur du côté sud ne figure plus sur les plans de la seconde moitié du XIXe siècle (musée Carnavalet)

DELEUZE, J.P.F. - Histoire et description du Muséum d'Histoire naturelle
Impr. Cellot, Paris,1823, 2 vol. (I : 192 p.)

Jussieu, A.L. de Notice historique sur le Muséum d'Histoire naturelle en 6 articles dans les Annals Mus. Hist. nat., Paris
1 : - De la fondation à 1643, 1802, 1 : 1-14
2 : - De 1643 à 1683, 1803, 2 : 1-16
3 : - De 1682 à 1718, 1804, 3 : 1-17
4 : - De 1718 à 1739, 1804, 4 : 1-19
5 : - De 1739 à 1760, 1805, 6 : 1-20
6 : - De 1760 à 1788, 1804, 11 : 1-41

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Archives nationales - Manuscrits concernant le Muséum : AJ 15 (registres et cartons numérotes ). Registres des procès-verbaux des Assemblées de professeurs (1790 à 1848) : 90-142. Etats de traitements de l'an II à 1883 : 150-238. Bâtiments et terrains : 513. Organisation du Muséum : 515. Maisons et terrains en location : 522. Terrain Baillarger : ,523. Etats nominatifs de traitements de l'an IV à 1910 : 533. Organisation des laboratoires : 849. Inventaire du matériel : 852. Travaux de 1833 à 1864 : 802. Papiers de l'architecte Rohault de Fleury (travaux de 1833 a 1867) : 803-800. Comptabilité : 874-877
Thèse doct. 3e cycle. Ecole Pratique des Hantes Etudes, VIe section, Paris. 1, 1969

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* Petit Gentilly : nom d'un hameau situé à peu près au carrfour des rue de la Glacière et de Tolbiac (1726)

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Guillaumin, A. - La chaire de Culture du Muséum
Revue scient., Paris, 1933 : 8 p.

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